Arts plastiques : le dessein du dessin

La peinture, ainsi que le dessin, font bien souvent l’objet de cette question : « Mais l’art, c’est ta passion ou ton hobby ? » 
Pour y répondre, voici ma propre expérience !

de papiers accompagnent mes journées, où règnent fascination et questions. Très jeune, on me reprochait déjà mon mutisme obstiné, car lorsque quelques crayons ou feutres arrivaient entre mes mains, je me retrouvais absorbée ou plutôt envoûtée par la feuille blanche. J’y laissais transparaître mon imaginaire débordant. En tous lieux, je m’installais et dessinais des heures durant. A table entre l’arrivée de l’entrée et du dessert, dans la salle d’attente, dans un parc pour enfants, en voiture, chez mes amies- Oui, partout. C’est en grandissant que j’ai diversifié mes médiums : les marqueurs à alcool, l’encre de Chine, la peinture, l’aquarelle, l’acrylique, la gouache ainsi que l’huile. Les crayons de papiers, bien qu’ils soient communs, sont la première retranscription de notre imaginaire. Ils offrent une assez large gamme de valeurs. Les feutres à alcool ont été pendant plusieurs années mon médium favori, j’appréciais la rapidité avec laquelle je pouvais colorier – bien que le geste nécessitât une grande précision, puis une redéfinition des contours à l’aide de stylos à l’encre de Chine, dont la pointe était d’une telle finesse, qu’elle contrastait avec ces gros marqueurs bavant sur mon croquis. L’aquarelle quant à elle est d’une légèreté sans nom ! Sa pigmentation varie en fonction de la quantité d’eau dont votre pinceau est imprégné. Votre pinceau est gorgé d’eau ? Idéal pour créer une ambiance onirique voire mélancolique ! Enfin la peinture à l’huile, (mon médium favori) est assez singulière, en effet cette peinture dont le séchage semble parfois interminable, possède des caractéristiques bien à elle, comme le fait d’aller des valeurs les plus foncées aux plus claires, des couches les plus grasses aux couches dites « fines ». Elle nécessite parfois l’ajout d’un médium afin que la peinture s’applique avec davantage d’aisance ( et bien d’autres contraintes…). Ce fastidieux travail favorise la lenteur du geste. Le temps de séchage étant assez long, vous pouvez retoucher votre tableau lorsque l’envie vous prend. Concernant l’encre de Chine (avec une plume et un encrier), c’est à mon sens l’une des meilleures façons de définir les contours d’un croquis, ou pour réaliser des dessins architecturaux. Cette technique requiert elle aussi patience et précision , le mouvement de la plume doit être maîtrisé pour pouvoir mieux jouer sur les intensités lors du  traçage ou du remplissage.

Comme n’importe quel artiste, il m’arrive très souvent de devoir faire face au « syndrome de la feuille blanche », une  panne d’idées , un manque d’inspirations, suite à quoi l’artiste se retrouve à regarder avec intensité sa feuille qui elle aussi le regarde intensément, ils se regardent alors tous deux, et …rien ne se passe. Mais rassurez-vous, cela ne se produit, du moins pour ma part, qu’assez rarement. En effet je suis très souvent inspirée. Par quoi me demanderez-vous ? par ce qui m’entoure, des objets ordinaires, comme l’œuf. Ou encore par mes rêves, mes lectures, mes réflexions sur le monde, la vie…

Paysage aux canards
(Huiles sur toile, Lily Demontrond).
Pierrot

J’aime le silence mais lorsque je dessine, j’écoute volontiers en même temps de la musique. J’apprécie de mêler musique et peinture : mes coups de pinceaux suivent le rythme de la musique et me guident.

La Voie Lactée
(Aquarelle sur papier,


Aquarelles sur bois, Lily Demontrond).
L’Arbre à voeux

Je préfère faire de « l’art pour l’art », plutôt que de le commercialiser. Il y a quelque temps, j’ai tenté de vendre mes créations, j’étais d’abord dans une sorte d’euphorie aveuglante, mais la triste réalité m’a rapidement rattrapée. J’ai pu exposer mes créations lors de conventions en rapport avec l’univers de la Pop Culture, mais on m’a ensuite demandé de créer de nouveau pour chaque nouvelle exposition. Créer à nouveau oui, quelque chose qui me plaisait, non. Je devais réaliser des œuvres « dans l’air du temps », qui plairaient forcément et se vendraient à coup sûr. A partir de ce moment-là, je n’étais plus la petite artiste qui ne créait que ce qu’il lui plaisait ; non je devenais une véritable marchande voire une stratège qui ne faisait qu’anticiper, calculer son chiffre d’affaires. J’en garde un souvenir vraiment désagréable.

Une passion dans ma vie, cette peinture, mais comment dessinerai-je cette vie ? la page est encore blanche !

Lily Demontrond

Pivoines
(Huile sur toile, Lily Demontrond).

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