Fast fashion : une mode éphémère   

La mode à bas prix connaît une nette augmentation, mais son succès est très fortement contesté. En France, le secteur de la fast fashion affaiblit les filières du textile, et rend certes un accès facile pour l’utilisateur mais crée une mode plus polluante et moins durable.  

Dans un enthousiasme pour le renouvellement des collections, des milliers de teeshirts et autres vêtements à quelques euros parcourent des milliers de kilomètres avant d’être jetés.  

La fast fashion se définit par une multiplication des collections à des prix très bas, incitant à surconsommer.  

Aujourd’hui, Shein ou Temu imposent une cadence encore plus rapide, on parle d’ultra-fast fashion.   

En France, le BHV et les Galeries Lafayette ont annoncé un partenariat cet octobre. Cette arrivée imminente de Shein dans les grands magasins ne fait qu’agrandir les tensions. Non seulement des marques comme rive droite, Swarovski, Américain vintage, Morgan, Carol ont quitté le BHV mais l’Union du grand commerce de centre-ville a décidé d’exclure unanimement la SGM (La Société des Grands Magasin) de ses membres. 

 

Un choc sur le plan éthique et écologique… 

Les premiers scandales remontent aux conditions de production qui sont principalement dans des usines à l’étranger, et montrent que les horaires de travail et les salaires posent des questions éthiques.  

Sur le plan écologique, la production massive de fibres synthétiques comme le polyester libère des microfibres dans l’eau, pollue et génère d’importantes émissions de CO₂.  

Le secteur de la seconde main subit aussi des pertes, car les produits de fast fashion sont souvent difficilement revendables en raison de leur faible qualité, ce qui fragilise leur économie, et rend certaines filières associatives et les structures de recyclage plus faibles.

  

…sanctionné par la loi 

Face à ces dérives, le Sénat a adopté, le 10 juin 2025, une proposition de loi visant à stopper l’essor de la mode « ultra-éphémère ». Elle introduit notamment des sanctions pour les entreprises polluantes, des obligations pour les plateformes en ligne, et l’interdiction de certaines publicités.  

Par ailleurs, les articles de loi proposent une « taxe environnementale » sur les produits à faible impact durable et l’interdiction de la publicité pour les articles les plus polluants. Shein a été condamné en juillet 2025 à une amende record de 40 millions d’euros pour pratiques commerciales trompeuses, notamment sur la réalité des réductions annoncées.  

Proposer des alternatives  

De nombreux Français achètent des vêtements « bon marché » non par choix, mais par contrainte budgétaire. Entre 2023 et 2024 ces ventes ont augmenté de 58%. Certains articles du Monde évoquent l’idée de ne pas culpabiliser les consommateurs, mais d’agir au niveau institutionnel pour créer des alternatives accessibles.  

Certains évoquent même dans Vogue que la fast fashion est une addiction et un fléau à bannir de France et dans le monde.  

Une filière sous pression  

Au-delà des grandes marques, ce sont les petites entreprises textiles françaises qui sont extrêmement fragilisées. Le modèle à bas coût de ces géants affaiblit les producteurs locaux.  

À Grenoble, l’implantation d’un magasin Shein dans une galerie commerciale divise les commerçants : certains redoutent une concurrence déloyale, d’autres espèrent un regain d’affluence.    

Une communication et des images réinventées  

Pour contrer la pression réglementaire, Shein intensifie ses efforts de lobbying (représentation d’intérêts). En France et à Bruxelles, l’entreprise recrute d’anciens responsables politiques notamment Christophe Castaner, ancien ministre de l’intérieur sous la présidence d’Emmanuel Macron qui a rejoint l’entreprise Shein en tant que “conseiller RSE” (Responsabilité Sociétale des Entreprises).   

Elle mène aussi une stratégie de communication pour se repositionner, tenter d’apparaître comme plus responsable, pour paraître comme une « mode à la demande »  

Si la fast fashion a démocratisé l’accès à la mode pour certains, elle a aussi dévoilé un prix trop élevé : le sacrifice du vivant, de la dignité des travailleurs et de la planète. Face à ce constat, la France tente de dessiner une nouvelle voie — celle d’une mode plus durable et plus juste.  

  Morgane Fisk 

Sources :  

  • Le Monde  
  • France Info  
  • Greenpeace  
  • Vogue  
  • Wikipedia  
  • Reuters   

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